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 La Suisse, et les Suisses durant la Seconde Guerre...

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spoutnik
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MessageSujet: La Suisse, et les Suisses durant la Seconde Guerre...   La Suisse, et les Suisses durant la Seconde Guerre... EmptySam 29 Oct - 19:27

Salut,

Puisque j'ai quelques minutes à perdre, je vous propose une petite bibliographie sur le sujet brulant de notre pays face à son histoire au cours de la Seconde guerre mondiale. En effet, j'ai pu constater que les connaissances actuelles d'une grande partie des Suisses (mais aussi parfois des Européens se permettant de commenter un sujet dont ils n'ont souvent aucune idée construite ni même basée sur un quelconque travail à vocation historique) et m'efforce donc de replacer la Suisse dans ce contexte bien précis et de voir le tout sous un jour différent.

Citation :
Jean-Jacques Langendorf et Pierre Streit, Face à la guerre. L’armée et le peuple suisses (1914-1919/1939-1945)
Infolio éditions, 2007, 330 pages

Dans ce petit ouvrage illustré, Jean-Jacques Langendorf et Pierre Streit traitent de la société suisse et surtout de son armée au cours des deux guerres mondiales. Après une rapide évocation des conditions de la création de l’armée fédérale au XIXe siècle, les auteurs s’intéressent à la perception par les puissances étrangères du système militaire suisse, qui pour certains constituait un « idéal » d’armée démocratique alors que d’autres mettaient en évidence l’insuffisance de la formation de ses cadres. Au début du XXe siècle, une loi portant sur l’organisation militaire fixe la durée du service à 28 ans. L’armée suisse compte alors un effectif de plus de 200 000 hommes. C’est aussi à cette période qu’elle se dote d’une doctrine. Cependant, au cours de la Première Guerre mondiale, de réels désaccords sur la conception de la neutralité ou encore sur la nature de la menace apparaissent entre le chef suprême de l’armée suisse (le commandant de corps Ulrich Wille) et son chef d’état-major (le colonel Théophile Sprecher von Bernegg). Ainsi apparaît en filigrane la problématique de la neutralité suisse en temps de guerre – quel(s) ennemi(s) ? Quel(s) allié(s) ? Quelle(s) négociation(s) ? Quel(s) objectif(s) ? Problématique qui prend une dimension plus importante encore pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais si la figure du général Henri Guisan, élu chef suprême de l’armée en septembre 1939, ou encore le concept du « Réduit » ne sont pas oubliés des auteurs ; reste que cette problématique de la neutralité et sa perception par le haut commandement suisse n’est que peu abordée dans la deuxième partie de l’ouvrage. On appréciera plus ce livre pour son caractère informatif.
Citation :

Jean-Jacques Langendorf et Pierre Streit, Le général Guisan et l'esprit de résistance, Cabédita, 2010

Le Général Henri Guisan (1874–1960), commandant en chef de l’armée suisse durant la Seconde Guerre mondiale, a symbolisé la volonté de tout un peuple de préserver son indépendance, par les armes, si nécessaire.
Cet ouvrage n’est ni une nouvelle biographie, ni une hagiographie, mais une étude originale. Elle replace Guisan dans son contexte, le compare aux personnalités qui ont osé affirmer, dans les moments les plus critiques de l’histoire de leur pays, leur esprit de résistance face aux menaces du totalitarisme.
Citation :

Jean-Jacques Langendorf, Le Général Guisan et le peuple suisse, Cabédita, 2008

Le Vaudois Henri Guisan (1874-1960), commandant en chef de l'armée suisse durant la Deuxième Guerre mondiale, a symbolisé, mieux que quiconque, la volonté de la Confédération de préserver sa neutralité et de la défendre, si nécessaire, par les armes.
Ne craignant pas de prendre sur le plan militaire des initiatives hardies, doué d'un sens stratégique développé, il s'est entendu aux heures les plus sombres vécues par la Suisse à galvaniser les énergies et à rétablir le moral défaillant des officiers, des soldats et de la population. Toujours proche de ces derniers, n'oubliant jamais ses racines terriennes, il a vécu en osmose avec le pays.
Ce livre ne se contente pas d'évoquer l'existence du Général Guisan, il la replace également dans son contexte politique et militaire, évoquant les heures tragiques traversées par le pays et la manière dont il s'est efforcé de faire face.
Citation :

Stephen P. Halbrook, La Suisse encerlée : la neutralité armée suisse durant la Deuxième Guerre mondiale, Editions Slatkine, 2000

Traduit de l'anglais.

The recent focus on Swiss accommodations to the Third Reich has obscured the facts surrounding Switzerland's success in deterring Nazi invasion, argues Halbrook in this narrative of Switzerland's preparations for armed resistance during WWII. Concessions on commercial or refugee issues, Halbrook contends, were not enough by themselves to fend off one of history's most ruthless dictatorships. What was decisive, he finds, was Swiss determination to defend itself by an armed force based on armed citizens. In contrast to Holland, Denmark or Norway, Switzerland during WWII successfully maintained its neutrality. It did so, argues Halbrook, by convincing Nazi Germany and its own citizens that any invader would pay in blood for every foot of ground, and in the end would find only devastation. Halbrook, a practicing attorney rather than an academic scholar, relies primarily on journalistic sources to make the points that Switzerland was prepared to abandon most of the country and fight to the last man from an Alpine redoubt. Among other questionable premises he accepts uncritically, he takes as given that militiamen armed primarily with bolt-action rifles and 50 rounds of ammunition constituted an effective fighting force in an age of mechanized war. His account, while written from a limited vantage point, nevertheless establishes a series of elements in danger of being submerged by the recent furor over bank accounts and trade figures.
Citation :

Stephen P. Halbrook, La Suisse face aux nazis, traduit par Jean-Jacques Langendorf, Editions Cabédita, 2011

Dans ce nouvel ouvrage, traduit par Jean-Jacques Langendorf, l'historien et juriste américain Stephen P. Halbrook se penche sur l'attitude de la Suisse durant la Seconde Guerre mondiale. Sur la base de nombreux témoignages oraux, qu'il a recueillis, il décrit notamment, et cela est inédit, le comportement de la population et sa volonté de résistance au national-socialisme. Il souligne le rôle important joué par la satire dans la lutte contre Hitler ainsi que celui assumé par les actualités filmées. Il se penche également sur les analyses des services secrets allemands, sur le rôle de l'espionnage et de la subversion et sur les nombreux avantages que les réseaux de renseignement américains ont retirés de la Suisse. Des documents nouveaux, une approche originale ouvrent avec cet ouvrage des perspectives et des découvertes inédites.

Et encore...

Citation :

Frank Bridel, Non nous n'étions pas des lâches, 1933-1945, Slatkine, 2002

Plus de cinquante ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les historiens n'ont pas fini de discuter la façon dont la Suisse officielle s'est comportée durant cette période terrible, mais rares sont ceux qui ont tenté de restituer ce que la population de cette époque a pensé et voulu.
Or, les survivants des années sombres sont de moins en moins nombreux. Avec eux disparaîtront autant de témoins qui se taisent par modestie, laissant dans l'ombre leurs efforts, leurs épreuves et leur résistance morale aux dictatures. C'est pour combler cette lacune que Frank Bridel a voulu témoigner. Sans complaisance pour les fautes commises, mais avec le souci de réviser les clichés, il raconte comment on vécut autour de lui la crise économique mondiale et la montée des périls, puis le second conflit mondial, dans la crainte de l'invasion et dans la pénurie, le rejet du nazisme, une ardente sympathie pour les alliés et le constant espoir de leur victoire.

Citation :

Frank Bridel, Pour en finir avec le Rapport Bergier, Slatkine, 2009

En 1999 paraissait le rapport le plus sensible de la Commission Bergier, instituée par la Confédération suisse pour apporter un épilogue officiel à la crise dite "des biens en déshérence".
Dix ans après, l'heure est au bilan. Celui de Frank Bridel est sévère. Chargée d'éclairer l'attitude de la Suisse face à Hitler, la Commission laisse des textes dont le ton et les conclusions négatives ont entaché l'image du pays en faisant l'impasse sur le climat de menace dans lequel il a vécu durant les douze ans du nazisme. Aussi bien, sitôt publié l'ensemble du Rapport Bergier, les attaques se sont abattues de toute part sur lui.
Frank Bridel cite les principaux témoins à charge, en commençant par le président de la Commission lui-même. Il oppose aux statistiques du Rapport Bergier les chiffres les plus récents, livre une critique serrée du rapport sur les réfugiés, dépeint la Suisse de l'époque et explique les positions du général Guisan. Un livre indispensable à quiconque veut comprendre une des périodes les plus tragiques qu'ait dû affronter la Suisse.

Que je n'ai pas (encore) pu consulter...

Citation :

J. C. Lambelet, De la Suisse pendant la guerre - Son image et le rôle de celle-ci dans l'affaire des fonds déshérence, Slatkine, 2011

Citation :

H. R. Reginbogin, Guerre et neutralité. Les neutres face à Hitler, Yens sur Morges, 2008

Le projet archimob: [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

A éplucher sans retenue...

Citons encore Langendorf, Capitulation ou volonté de défense La Suisse face à un défi, Cabédita, 2011, bon à lire dans la suite des précédents ouvrages.

De l'autre coté:

Citation :

Pietro Boschetti, La Suisse et les Nazis, le rapport Bergier pour tous, Zoé, 2005. Préfacé par Bergier.

Ce livre est un trait d'union.
Le trait d'union qui manquait entre le grand public et les 11 000 pages des travaux de la commission Bergier sur la Suisse et la Seconde Guerre mondiale. De quoi rebuter les meilleures volontés ! Si bien que beaucoup en étaient restés aux comptes rendus des médias lors de la polémique sur la Suisse face au nazisme. Grâce à Les Suisses et les nazis, chacun a désormais accès aux points principaux étudiés par les historiens : comment la Suisse s'est-elle comportée pendant la Seconde Guerre mondiale avec les réfugiés et avec les fonds placés dans les banques ? Que savait-on du sort qui attendait les Juifs refoulés aux frontières ? Quel rôle jouait la place financière suisse ? Qu'en était-il du transit ferroviaire et du travail forcé en Allemagne pour le compte d'entreprises suisses ? Cet ouvrage livre enfin au grand public les réponses proposées par la Commission Indépendante d'Experts.
Citation :

Hans Ulrich Jost, Le salaire des neutres – Suisse 1938-1948, Paris, Denoël, 1999.

Comment la Suisse a su jouer de sa neutralité pour se présenter dans des conditions de prospérité exceptionnelle à la fin de la guerre. Quelle fut la sensibilité de l'opinion publique vis-à-vis des belligérants ? Choisissant une période plus vaste que les seules années de guerre (1938-1948), H.U. Jost apporte un éclairage pertinent sur ce petit pays.

C'est un aperçu des lectures disponibles sur le sujet. Je laisserais donc le soin au lecteur intéressé de sélectionner, de lire, de commenter, et de partager d'autres bibliographies.
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patrack
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MessageSujet: Re: La Suisse, et les Suisses durant la Seconde Guerre...   La Suisse, et les Suisses durant la Seconde Guerre... EmptyDim 30 Oct - 7:47

parmi les auteurs que tu cites, il y en a au moins un qui n'est pas historien Frank Bridel (d'après les informations fournies par wikipedia).
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MessageSujet: Re: La Suisse, et les Suisses durant la Seconde Guerre...   La Suisse, et les Suisses durant la Seconde Guerre... EmptyDim 30 Oct - 10:19

patrack a écrit:
parmi les auteurs que tu cites, il y en a au moins un qui n'est pas historien Frank Bridel (d'après les informations fournies par wikipedia).

Et?
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MessageSujet: Re: La Suisse, et les Suisses durant la Seconde Guerre...   La Suisse, et les Suisses durant la Seconde Guerre... EmptyDim 30 Oct - 10:20

Et Langendorf, personne n'a jamais très bien compris ce qu'il était… Romancier, historien, nouvelliste?? Après avoir lu L'éloge funèbre du général von Ligniz, j'ai renoncé à me prononcer…
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MessageSujet: Re: La Suisse, et les Suisses durant la Seconde Guerre...   La Suisse, et les Suisses durant la Seconde Guerre... EmptyDim 30 Oct - 12:51

jonas_357 a écrit:
Et Langendorf, personne n'a jamais très bien compris ce qu'il était… Romancier, historien, nouvelliste?? Après avoir lu L'éloge funèbre du général von Ligniz, j'ai renoncé à me prononcer…

Je ne l'ai pas lu. C'est la facette historien de Langendorf qui m'a intéressé, puisqu'il est un de ceux allant à contre courant de l'idéologie post-bergier dans laquelle nous sommes.
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MessageSujet: Re: La Suisse, et les Suisses durant la Seconde Guerre...   La Suisse, et les Suisses durant la Seconde Guerre... EmptyDim 30 Oct - 13:04

spoutnik a écrit:
jonas_357 a écrit:
Et Langendorf, personne n'a jamais très bien compris ce qu'il était… Romancier, historien, nouvelliste?? Après avoir lu L'éloge funèbre du général von Ligniz, j'ai renoncé à me prononcer…

Je ne l'ai pas lu. C'est la facette historien de Langendorf qui m'a intéressé, puisqu'il est un de ceux allant à contre courant de l'idéologie post-bergier dans laquelle nous sommes.
Yep, je te charrie juste un peu. J'avais lu ça au gymnase, donc ça fait loin… Mais ça m'avait laissé un souvenir mitigé!
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MessageSujet: Tempi passati!    La Suisse, et les Suisses durant la Seconde Guerre... EmptyDim 30 Oct - 16:05

jonas_357 a écrit:
...J'avais lu ça au gymnase, donc ça fait loin… Mais ça m'avait laissé un souvenir mitigé!

A l'époque tu étais un futur théologien gauchiste... ça a changé aussi! Devil

Amitiés,
A+,
le Jef-tiens-voilà-du-Bouddha.... harhar
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jonas_357
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jonas_357

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MessageSujet: Re: La Suisse, et les Suisses durant la Seconde Guerre...   La Suisse, et les Suisses durant la Seconde Guerre... EmptyDim 30 Oct - 16:36

P'têt' ben… Faut dire qu'on l'avait étudié avec un remplaçant de notre prof de philo, et j'ai jamais pigé un broque de ce que ce brave étudiant essayait de faire passer dans ce cours…
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