FEU LIBRE !

Un espace pour tous les tireurs et propriétaires d'armes suisses et francophones.
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Hämmerli Smolbor

Aller en bas 
AuteurMessage
Fra78
Expert
avatar

Nombre de messages : 788
Age : 71
Localisation : France (Versailles-Biarritz)
Date d'inscription : 19/12/2012

MessageSujet: Hämmerli Smolbor   Jeu 15 Mar - 8:40

Avec le retour de températures normales, on ressort les anciens...
L'occasion de nouvelles photos...
C'est une carabine monocoup en calibre 22 LR utilisant un ensemble culasse d'ordonnance modèle 1911.




Elle est munie d'un canon lourd et d'une visée par œilleton. Le poids est de 4.97 kg sans bretelle ni appui-paume.
L'œilleton est fixé sur une queue d'aronde fraisée sur la boîte de culasse. Il est monté très bas, ce qui a nécessité un fraisage sur l'écrou de la culasse pour passer sous la coupelle. La position de l'œilleton et la suppression de l'anneau du percuteur permettent d'approcher l'œil  très près de l'œilleton.



Le guidon, à tunnel et inserts interchangeables, est monté sur une frette porte-guidon, comme sur les armes d'ordonnance, et non fixé directement au canon.
Le canon présente un fraisage pour monter une hausse, jamais utilisé.
Le puits de chargeur est obturé sous la crosse et l'ouverture dans le boitier de culasse fermé par un auget mobile monté sur un ressort pour laisser passer le cylindre à la fermeture. L'auget est marqué "Breveté" et WH (?). Il n'y a bien sûr aucun système bloquant la culasse ouverte comme sur la carabine standard magasin vide.
L'écusson a été modifié par suppression du puits de chargeur. La vis avant, maintenant dans le bois, est vissée à travers un insert en laiton Deux trous supplémentaires, Ø 8 mm et taraudés ont été ajoutés, sans doute pour le montage d'un appui-paume (disparu…).

La crosse a été obtenue par modification d'une crosse d'ordonnance par enture de deux pièces formant busc et poignée pistolet, ainsi que d'une pièce d'obturation du puits de chargeur. Contrairement aux autres pièces rapportées, l'obturation du puits de chargeur est d'un bois différent et contrasté (acajou ?). Le travail a été superbement exécuté et aucune fissure n'est apparue après un siècle… A noter que la carabine a trois anneaux de bretelles !



La plaque de couche réglable de forme "Schützen" est en fonderie d'alliage léger et très soigneusement réalisée (coulissement sur queue d'aronde sans jeu et blocage par un système élaboré de coin actionné par un gros bouton moleté sur le dessous). Cette plaque de couche porte un numéro 35 sur les parties fixe et mobile, sans doute un numéro de série, un (gros) poinçon Hämmerli et une petit croix et un nombre qui pourrait être une référence (P/N). Fabrication Fabrique Fédérale malgré l'aspect peu militaire ?



Les poinçons ont été identifiés grâce à Jef.ch et ses accointances armurières en Helvétie : le poinçon en forme d'edelweiss avec le petit marteau éponyme est celui utilisé par Jeannot Hämmerli jusqu'en 1922 (à peu près).



Ceci daterait la carabine vers 1920, ce qui semblerait cohérent avec le style. Le numéro de série 22 (canon, boitier et culasse mobile) semble indiquer une production de petite série.
Une gravure en cursive mystérieuse sur le canon a été identifiée par Jef.ch comme Smolbor, transposition phonétique de l'anglais Smallbore !



Le nom Smolbor a été utilisé par Hâmmerli dans les années 50 pour une carabine de tir en calibre 22LR, avec culasse 4 mouvements, globalement assez semblable, en plus moderne, à celle-ci, qui a été présentée sur le forum. A noter qu'une pub de 1951 l'annonçait à 420 USD, soit environ 4 400 USD 2017 (Ouch !). On remarque que l'appui-paume semble utiliser deux  points de fixation sous le fut, ce qui pourrait correspondre à ceux que l'on voit sur l'écusson de ma carabine.




Hämmerli utilisait donc déjà cette dénomination vers 1920, mais je n'ai rien trouvé sur le sujet.
Cette carabine en état proche du neuf fonctionne parfaitement et est d'une précision redoutable.
La modification de la culasse est intéressante et le fonctionnement inhabituel (voir ci-dessous).
Toutes informations complémentaires bienvenues !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Fra78
Expert
avatar

Nombre de messages : 788
Age : 71
Localisation : France (Versailles-Biarritz)
Date d'inscription : 19/12/2012

MessageSujet: La culasse mobile   Jeu 15 Mar - 8:43

Si  on compare la culasse mobile de cette carabine avec une culasse de Mq11 de la même période (fabrication en 1920), deux différences apparaissent immédiatement : l'anneau de la tige de percussion est supprimé et remplacé par un bouton moleté, vissé et assuré par une goupille, et un fraisage sur le haut de l'écrou permet le passage de la culasse mobile sous la coupelle de l'œilleton.



Vu de dessous apparaît un alésage débouchant près de la face avant de la culasse montrant un prolongement cylindrique de la tête mobile.



La tête mobile du cylindre a, en effet, été remplacée par une nouvelle pièce comportant un trou désaxé pour le percuteur. Contrairement à la culasse normale pour GP11, où le percuteur est rétracté en position Armé, sur la culasse de cette arme, le percuteur fait saillie de presque 5 mm, ce qui est très inhabituel.
En fait, le percuteur désaxé est porté par un piston dans le prolongement cylindrique de la tête mobile, piston qui est repoussé vers le canon par un ressort auxiliaire. Le nouveau percuteur peut donc s'effacer dans la tête mobile par une simple pression, néanmoins relativement importante (plus de 5 kg pour repousser entièrement le percuteur). La griffe de l'extracteur est nettement plus longue (+2,2 mm) que celle de la culasse standard.



Le démontage de l'ensemble se fait de façon classique. Il apparaît aussitôt que le percuteur standard a été tronqué (raccourci de 12 mm). Un guide supplémentaire a été rajouté à l'intérieur du cylindre, sans doute pour maintenir le percuteur tronqué dans l'axe en position Armé.





L'analyse du fonctionnement de cet ensemble modifié montre des caractéristiques très inhabituelles.
La cartouche placée sur l'auget est poussée vers la chambre par le percuteur et non par la culasse comme il est habituel.




Lorsque la cartouche a été entièrement introduite et le bourrelet en butée à l'entrée de la chambre, le percuteur commence à s'effacer en comprimant le ressort auxiliaire, mais continue à appuyer sur le bourrelet de la cartouche. La griffe de l'extracteur saute le bourrelet et la culasse peut se verrouiller.
Au moment du tir, l'ensemble percutant vient frapper l'arrière du piston de l'insert, qui transmet l'impact au percuteur, ce  qui  met à feu la cartouche. Le percuteur d'origine tronqué vient en fait en butée sur le piston, ce qui raccourcit la course de percussion à 7 mm, soit environ  la moitié de la course normale, facteur favorable à la diminution du temps de latence (lock-time) entre l'action sur la queue de détente et le départ du coup, et donc à la précision.
A l'ouverture de la culasse, le percuteur reste comprimé jusqu'au moment où l'étui tiré par l'extracteur sort de la chambre et peut pivoter. Le ressort auxiliaire se détend alors et le percuteur éjecte (énergiquement) l'étui.
Ce fonctionnement avec un percuteur au contact de la cartouche et servant d'éjecteur me paraît très peu courant et peut-être unique (?).
Cette modification semble avoir été étudiée par un armurier compétent et soigneusement mise au point : sur plusieurs centaines de cartouches modernes de plusieurs marques, je n'ai jamais constaté de départ prématuré (slam-fire), de défaut de percussion ou de raté à l'éjection.
On peut d'ailleurs se demander si la modification a été étudiée et réalisée chez Hämmerli ou par la Fabrique Fédérale : toutes les pièces, y compris l'extracteur qui est obligatoirement une pièce nouvelle différente de celui de série (longueur de griffe), portent la petite croix… mais aucun autre poinçon de réception officielle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
patounet66
Habitué
avatar

Nombre de messages : 270
Age : 52
Localisation : Nyon
Date d'inscription : 23/12/2016

MessageSujet: Re: Hämmerli Smolbor   Jeu 15 Mar - 13:21

Très belle arme et merci pour la description détaillée!
salut
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Jef.ch
Expert
avatar

Nombre de messages : 5194
Age : 56
Localisation : Bienne
Date d'inscription : 22/12/2006

MessageSujet: Que de mystères... :-)   Jeu 15 Mar - 15:56

Salut,

C'est toujours un plaisir que de revoir une vieille connaissance! Surtout avec de nouvelles photos. V Ce Smolbor avait fait l'objet d'une véritable enquête policière pour reconstituer en partie son histoire.
Ces Schmidt-Rubin modifiés sont impossibles à dater avec certitude. Il est possible qu'un vieux stock de canons signés Jeannot Hämmerli ait traîné 10 ou 20 ans dans l'usine ou chez un armurier. L'appellation Smolbor semble postérieure à 1940, mais ce serait un précurseur des "Smolbor 45"(?) à moins qu'un privé l'ait fait graver par la suite parce qu'il aimait bien le nom...

J'ai trouvé un jour son aîné, sur la base d'un Schmidt-Rubin 89, plus lourd et sans le marquage Smolbor:



C'est pareillement un canon lourd Hämmerli, monté sur un boîtier de SR 89 militaire fabriqué en 1893 et privatisé en 1922. Toutes les autres informations ne seraient que de pures spéculations.

Les culasses de ces 89 et 11 modifiées en .22 sont pratiquement toutes construites sur le même modèle, le percuteur est monté sur une pièce intermédiaire de façon à être décentré pour la percussion annulaire, et il dépasse suffisamment pour contribuer à l'éjection de la douille vide.



Amitiés,
A+,
le Jef-toujours-à-la-recherche-d'un-"Smolbor"... Détective
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Hämmerli Smolbor   

Revenir en haut Aller en bas
 
Hämmerli Smolbor
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
FEU LIBRE ! :: Les armes :: Les armes d'épaule-
Sauter vers: